02 – Le Maine-et-Loire au Paléozoïque inférieur

I . CAMBRIEN

Les sédiments pouvant être rapportés à la période cambrienne en Maine-et-Loire ne présentent pas un grand développement. Ce sont des schistes jaunes ou roses, parfois d’un rouge assez vif, qui se divisent rarement en feuillets minces mais plutôt en blocs à cassure rugueuse, et qui présentent à leur base dans la plupart des endroits concernés des lits de poudingue quartzeux. Pour qualifier ce faciès, les spécialistes au début du XXème siècle leur a attribué le nom de « schistes pourprés ».

Schiste pourpré du Cambrien d'Anjou

Bloc issu des schistes pourprés du Cambrien d’Anjou  

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Formant un relief moins accentué que pour l’Ordovicien inférieur, les schistes pourprés affleurent en Maine-et-Loire suivant 6 bandes continues :

* la première sur tout le bord Nord du bassin d’Ancenis, depuis la faille de Candé jusqu’aux rochers de Sainte-Melaine, le Louroux-Béconnais, la Piverdière au Sud de Pruniers, l’hospice de Sainte-Gemme, la Roche de Mûrs, et le moulin de Princé ;

* la deuxième débutant au Nord à Saint-Barthélémy et s’étendant vers le Nord-Ouest en passant par la tranchée des Granges et la forêt de Longuené ; au Sud de Loiré et de la Potherie, elle s’élargit considérablement, puis passant au Sud de Saint-Michel et Chanveaux, elle atteint Juigné-les-Moutiers où les schistes sont exploités comme pierre de taille ;

* la troisième passant au Sud de Pouancé par Noyant-la-Gravoyère pour atteindre Andigné ;

* la quatrième partant d’Andigné pour atteindre Chazé-Henry en passant par Nyoiseau, constituant ainsi le bord Nord du bassin de Segré ;

* les 2 dernières partant du Nord-Ouest de Juvardeil et passant, l’une par Chenillé, l’autre par la Jaille-Yvon, constituant ainsi les bords Sud et Nord du bassin de la Ferrière-l’Hôtellerie de Flée.

Carrière de Juigné-les-Moustiers (49)

Carrière de schistes cambriens à Juigné-les-Moustiers  

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En l’absence de fossiles, les schistes pourprés ont souvent été apparentés au grès armoricain de l’Ordovicien inférieur. En 1925, il a été démontré grâce à  la présence de trilobites cambriens découverts dans les mêmes schistes pourprés qui affleurent dans plusieurs niveaux du Cotentin, qu’ils étaient bien inférieurs au grès armoricain et qu’ils devaient donc être rapportés au Cambrien.

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II . ORDOVICIEN

1Ordovicien inférieur (Arénig)

Partout en Maine-et-Loire, l’Ordovicien débute par le grès armoricain, équivalent parfait de l’Arenig du Pays-de-Galle.

Le grès armoricain, généralement très dur, est formé de quartz et de mica blanc, passant à la quartzite. Il est blanc, parfois jaunâtre, voire rougeâtre ou verdâtre. Sa résistance aux agents atmosphériques fait qu’il domine les vallées schisteuses suivant 6 grandes bandes Est-Ouest, occupant les bords Nord et Sud des synclinaux Renazé/Châteauneuf, Pouancé/Segré, Saint-Julien-de-Vouvantes/Saint-Barthélémy.

Bloc issus du Grès armoricain d'Anjou

Bloc issu du grès armoricain de l’Ordovicien inférieur d’Anjou  

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C’est une formation néritique constituée par des dépôts de plages avec pistes de trilobites (Bilobites) et d’annélides (Scolithes). Elle présente 3 horizons superposés et bien distincts :

* à la base : grés fins quartzeux et massif, en gros bancs lités de couleur bleu, avec intercalations schisteuses ;

* au-dessus : schistes noirs bleuâtres, argileux, feuilletés, avec intercalations de petits bancs gréseux ;

* au sommet : grés blancs à grains fins, bien lités, généralement en plaquettes, et plus fossilifères que les niveaux précédents.

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Ordovicien moyen (Llandeilo)

Reposant en concordance sur le grès armoricain supérieur, on rencontre en Maine-et-Loire une vaste formation schisteuse dont certaines couches possèdent des propriétés de clivage remarquable pour l’exploitation de l’ardoise (schistes à Neseuretus tristani).

Généralement de coloration bleuâtre, ces schistes sont dus à l’action du dynamo métamorphisme qui a accompagné les formidables plissements de la fin du Carbonifère sur les vases argileuses déposées par la mer durant l’Ordovicien moyen. Imperméables à l’eau, ils contiennent parfois de la pyrite de fer, des bancs de quartz et de la calcite.

Schistes ardoisiers de l'Ordovicien moyen d'Anjou

Schistes ardoisiers de l’Ordovicien moyen d’Anjou

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Les bandes de schiste ordovicien occupent en Maine-et-Loire une large partie au Nord et au Sud des synclinaux. On peut ainsi, à l’Ouest de la Maine, suivre 8 grandes bandes se subdivisant elles-mêmes en bandes secondaires par suite de plissements. Ce sont, en allant du Sud au Nord :

* Bassin d’Ancenis : 1ère bande de la Cornuaille au Sud du moulin de Princé par Saint-Léger, Bouchemaine, la Roche de Mûrs, et bord du Bassin d’Ancenis ;

* Synclinal de Saint-Julien-de-Vouvantes : 2ème bande de Saint-Mars-la-Jaille à la Bourlière par le Louroux-Béconnais, Beaucouzé, formant un anticlinal ; 3ème bande de Freigué à la Meignanne par Saint-Clément-de-la-Place ; 4ème bande de Candé à Angers par Angrie, la Pouëze, la Meignanne où elle se soude avec la bande précédente ;  5ème bande de Rottier-Reculée qui est le prolongement de la bande de Saint-Julien-de-Vouvantes, et se poursuivant par le sud de Vern d’Anjou et du Plessis-Macé, Avrillé et Reculée ;

* Synclinal de Segré : 6ème bande de Pouancé à la Chapelle-sur-Oudon à l’est de Segré, par Misengrain ;

* Synclinal de Martigné-Ferchaud : 7ème bande de Pince-Loup à Juvardeil par l’Hôtellerie-de-Flée, la Ferrière, Chenillé, Querré ; 8ème bande de Chatelais à Juvardeil par la Jaille-Yvon et sud de Marigné.

 A l’Est de la Maine, on ne trouve plus que 4 bandes, qui sont du Sud au Nord :

* 1ère bande au confluent de la Maine et de la Loire, passant sous la Loire et constituant la Roche de Mûrs ;

* 2ème bande qui passe sous la Loire pour atteindre Martigneau en passant par Bourlière où elle se soude avec la suivante ;

* 3ème bande déjà soudée avec la 4ème et constituant le vaste gisement ardoisier de Trélazé/Saint-Barthélémy ;

* 5ème bande constituée par des schistes à nodules, et connue surtout dans la tranchée des Granges.

Buttes ardoisières de Juigné-sur-Loire (49)

Butte ardoisière de Juigné-sur-Loire

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 Ordovicien supérieur (Caradoc)

 Jusqu’au début du XXème siècle, aucun fossile caractéristique de l’Ordovicien supérieur n’a été rencontré en Maine-et-Loire. Cependant, par analogie avec les bancs de la Loire-Atlantique dont ils sont le prolongement, les spécialistes de l’époque ont rangé à ce niveau 3 formations situées entre les schistes de l’Ordovicien moyen et les dépôts du Silurien :

* des grès peu épais, tendres, micacés, argileux, parfois teintés de rouge vif, parfois jaunâtres avec bancs schisteux inter-stratifiés, et formant une crête suivant l’axe du synclinal de Renazé-Chateauneuf ; ils se rencontrent également au nord d’Angers, dans la tranchée des Granges, et sur le bord sud du synclinal de Saint-Julien-de-Vouvantes, entre le Pré-Pigeon et Trélazé ;

* des schistes à ampélites d’une épaisseur de 60 mètres visibles dans la tranchée des Granges, entre les grés précédents et les schistes à phtanites du Silurien inférieur ;

* des roches argileuses grisâtres, bleu clair ou verdâtres que l’on peut suivre de la Cornuaille à Bouchemaine, occupant le bord nord du synclinal de Bouchemaine.

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 III . SILURIEN

 Le Silurien est largement représenté en Maine-et-Loire dans tout le Segréen. Il occupe le Bassin d’Ancenis, l’axe des synclinaux de Saint-Julien-de-Vouvantes et de Renazé/Chateauneuf-sur-Sarthe suivant des bandes à direction Nord-Ouest-Sud-Est. Par contre, il ne présente que sa partie inférieure et sa partie moyenne.

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 1Silurien inférieur (Llandovery)

Reconnue seulement dans le Bassin d’Ancenis, la partie inférieure de l’étage débute presque partout par des grès sans fossiles, difficiles à séparer des grès sous-jacents de l’Ordovicien supérieur. Sur les bords Nord et Sud du Bassin, ces grès reposent en transgression sur le Précambrien Au Sud, ce sont des grès grossiers, micacés, et qui présentent parfois des scolithes, expliquant ainsi leur assimilation fréquente au grès armoricain. Au-dessus des grès viennent de minces couches de schistes verts, rouge ou lie de vin, renfermant des lentilles de calcaire peu épais et peu étendus (Saint-Laurent-du Mottay, Ingrandes, Champtocé, Savennières, Rochefort-sur-Loire, le Pont Barré). Les calcaires de Savennières et du Pont Barré ont été exploités pour la fabrication de la chaux.

 La partie supérieure est représentée par des schistes gris-vert ou rouges, avec des bandes de phtanites d’un bleu-noirâtre sous forme de plaquettes, traversées par des veinules de quartz blanc. Elle se rencontre dans le Bassin d’Ancenis, au Sud du bassin houiller, depuis le tombeau Leclerc jusqu’à Chaudefonds, et au Nord de ce même bassin depuis Rochefort-sur-Loire jusqu’à Doué-la-Fontaine. Dans les synclinaux de Savennières et de Bouchemaine, il présente de nombreuses bandes depuis la Loire-Atlantique jusqu’à l’Est de Mozé (La Marzelle).

Phtanite à graptolites du Llandovery d'Anjou

Phtanite à graptolites du Llandovery d’Anjou

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2Silurien supérieur (Wenlock)

 Le Wenlock se rencontre dans l’axe du synclinal de Martigné-Ferchaud sous forme de schiste à ampélites, avec nodules siliceux à Orthoceras, pincés dans le grès de l’Ordovicien supérieur au Nord-Ouest et à l’Est de Châtelais, à Montguillon et à la Roche, au Nord de Chenillé. Mais c’est sur la commune de La Meignanne que ce niveau est le mieux représenté. Il présente alors un calcaire noir à Cardiola interrupta (mollusque bivalve), pincé et étiré dans un calcaire gris à Cyrtoceras fraternum (mollusque céphalopode).

Calcaire à Cardiola interrupta du Wenlock d'Anjou

Calcaire à Cardiola interrupta du Wenlock d’Anjou

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